Erasmus+ : budget doublé, plus de mobilité handicap?

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Erasmus+ : un accord a été trouvé pour renforcer et structurer la mobilité des étudiants en Europe, avec un budget doublé jusqu'en 2027. Il devrait ainsi élargir ses bénéficiaires, prenant notamment mieux en compte les personnes handicapées.

 

Le Parlement européen et les Etats membres se sont entendus le 13 décembre 2020 sur un « accord politique » pour lancer le nouveau programme Erasmus + pour la période 2021-2027. Le ministère de l'Enseignement supérieur français dit s'en « réjouir ». Il sera doté d'un budget spécifique de plus de 26 milliards d'euros sur sept ans, contre 14,7 milliards entre 2014 et 2020.

De nouveaux publics

Ce nouveau programme va ainsi pouvoir s'élargir à des personnes qui ne bénéficiaient pas ou trop peu d'Erasmus jusqu'à présent. C'est le cas des apprentis, des adultes en réinsertion mais également des personnes en situation de handicap. « Avec un budget quasiment doublé pour la prochaine période de programmation, nous allons maintenant nous efforcer de toucher dix millions de personnes supplémentaires au cours des sept prochaines années », a déclaré Mariya Gabriel, commissaire à l'innovation, à la recherche, à la culture, à l'éducation et à la jeunesse. « Grâce à une accessibilité accrue et à des formes de mobilité plus souples, il offrira des possibilités à un éventail plus large d'apprenants, notamment à ceux qui ont moins d'opportunités et aux élèves qui ne sont pas couverts par l'action en matière de mobilité », assure l'UE. Il sera aussi, selon la Commission européenne « plus numérique et écologique ». Cette décision répond ainsi aux « objectifs fixés par la France » pour un programme considéré comme l'une de ses « initiatives les plus remarquables » par l'Union européenne. Au cours des trois dernières décennies, la participation à Erasmus+ a bénéficié à de plus de 10 millions de personnes, dont près de la moitié entre 2014 et 2020.

D'autres actions…

Le nouveau budget Erasmus + consacre également la création des alliances d'universités européennes, poussée par la France, qui permettront de créer un véritable réseau de campus européens et d'aller, faut-il l'espérer, vers un véritable diplôme européen d'enseignement supérieur. Il prévoit également la création de centres d'excellence pour l'apprentissage et la formation professionnelle, qui seront l'équivalent des alliances d'universités européennes pour l'enseignement professionnel. Avec cet accord, la France soutient un élargissement du programme Erasmus + qui permette à la moitié d'une classe d'âge d'avoir passé, avant ses 25 ans, au moins six mois dans un autre pays européen. « C'est un objectif que nous continuerons à défendre en vue de notre présidence du Conseil de l'UE au premier semestre 2022 », conclut le ministère.

Freiné par le Covid

Depuis son lancement en 1987, le programme s'est considérablement étoffé. Il couvre désormais tous les secteurs de l'éducation et de la formation, allant de l'éducation et de l'accueil de la petite enfance à l'enseignement et à la formation professionnels, en passant par l'enseignement supérieur et l'éducation des adultes. Il soutient la coopération dans le domaine de la politique de la jeunesse et encourage la participation au sport. Mais cette embellie a été fortement impactée par la pandémie. Les étudiants, premiers bénéficiaires de ce programme, ont vu leur projet d'études ou de stage reporté ou annulé lors de la première vague au printemps tandis que la rentrée s'est avérée compliquée pour nombre d'entre eux, certains se résignant à retenter leur chance l'année prochaine.

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