Auriol : un jeune enfant atteint d'autisme recherche un institut désespérément (21/02/2018)

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Bruno Estienne, le papa de Vincent, a été carrossier. A été car, depuis 11 ans, il ne travaille plus pour se consacrer entièrement à la garde de son fils qui a été diagnostiqué autiste en maternelle. "Les journées se suivent et ne se ressemblent pas, témoigne-t-il aujourd'hui. Soit il se lève de bonne humeur et il fait sa vie, soit il n'est pas de bonne humeur, et alors là..."

Jeudi, Vincent criait depuis sa chambre, ne semblant - absolument pas - désirer rencontrer un inconnu. Sa mère, Christine Amic, complète : "Quand tu as un enfant comme ça, tu es seul au monde, tu n'as plus de vie... Vincent a besoin d'un accompagnement personnalisé." Qu'il semble des plus difficiles à obtenir.

"Les quatre mois d'hôpital l'ont traumatisé"   

Selon ses parents, Vincent a été gardé à domicile pendant sept ans, avec le soutien de bénévoles. "Puis, fin 2014, il a eu des problèmes de santé, il est resté quatre mois à l'hôpital, détaille sa maman. À sa sortie, nous avons demandé une place en Institut médico-éducatif (IME). Il a été évalué à la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), mais n'a pas été pris." Et Christine Amic poursuit : "Quand il est à l'extérieur, il panique, et les quatre mois d'hôpital l'ont traumatisé. Ils l'ont évalué en deux fois deux heures, mais c'est trop court. Il lui faudrait beaucoup plus de temps pour s'adapter. Il nous a été dit : « Il n'est pas bien, ce n'est pas un endroit pour lui. »"

"Qu'est-ce qu'il va se passer ?, s'interroge son père. On le met dans un hôpital psychiatrique ? Il faut qu'il évolue, qu'il travaille à un projet... Si d'ici deux ans, il n'entre pas dans une structure, c'est terminé. Et comment on fait, nous ? Il va grandir, il peut devenir agressif..."

Rien de satisfaisant pour la famille  

Les parents de Vincent bénéficient d'une prestation compensatoire allouée par le Conseil départemental et une aide médico-psychologique est présente entre 15 et 18 heures par semaine. Mais rien de satisfaisant pour cette famille d'Auriol.

"Nous les accompagnons, assure de son côté Thi Kim Dung Nguyen, directrice départementale de la MDPH. Nous avons évalué ce qu'il fallait pour Vincent, et recherché une solution", mais malheureusement sans succès. "Il est certain qu'il manque de places, il y a une explosion des demandes", concède-t-elle. Tout en précisant : "Nous avons une réunion cette semaine avec la famille et l'Agence régionale de santé." Laquelle fait aussi le constat, par la voix de Dominique Gauthier, directrice de l'offre médico-sociale, qu'avec"18 établissements et services dans les Bouches-du-Rhône, soit 210 places",le nombre d'établissements "est insuffisant". "Mais une Commission de situation critique vient de voir le jour",précise-t-elle. Pour les situations les plus urgentes cela semble être le cas.

 

FRASTEAU - La Provence - Publié le 23/01/2018

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